Encadrer les loyers pour enrayer le chômage

Lu hier dans la presse: une étude du Crédoc souligne que la crise du logement déteint sur l’activité économique.

Il est notamment expliqué que le gap trop faible entre le salaire et le loyer devient dissuasif du côté des chercheurs d’emploi. En outre, le mal logement nuirait à la productivité des salariés selon environ 20% des entreprises intérrogées. Compte tenu du fait qu’il est difficile de connaître avec certitude la situation de logement de ses salariés, ne serait-ce que par que ceux-ci la cache lorsqu’elle n’est pas bonne, ce chiffre est très certainement sous-estimé. Au total, 40% des entreprises seraient affectées d’une façon ou d’une autre par le problème du logement!

Ainsi, il semble aujourd’hui évident qu’un double problème se pose. Les salaires sont trop bas et les loyers trop élevés. Dès lors, cela crée des frictions sur le marché du travail. Quelles sont les propositions faites pour l’instant pour régler le problème du chômage?

1/ Les forcer à accepter un travail dès lors qu’il est proposé, peu importe sa nature
2/ Faire travailler les chômeurs 7 heures par semaine pour l’intérêt général

On cherche donc à faire passer le chômeur pour un profiteur du système. Sauf que si même avec un salaire, une personne peine à boucler les fins de mois, il va de soi que cette même personne aura d’autant plus de mal à se loger sans emploi. Il est sidérant de vouloir faire croire que les gens sont au chômage par plaisir et que, même s’ils ne le sont pas, ils doivent bien rendre service à la société qui les aide tant hein.

Il est pourtant clair que ce que suggère cette enquête est qu’il faut impérativement relâcher la pression sur les loyers. Ces derniers augmentent nettement plus vite que les salaires de la plupart des salariés. Dans la mesure où la question des loyers trop élevés se pose déjà d’un point de vue de justice sociale, i.e tout le monde devrait pouvoir se loger à des prix décents, le fait qu’en plus cela entraîne des frictions sur le marché du travail plaide encore plus fortement en faveur d’un encadrement des loyers dans les zones où ceux-ci croissent trop vite, zones qui sont souvent celles où se concentre l’activité économique.

Cette mesure serait donc à la fois socialement et économiquement bénéfique.

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Dettes publiques: le péché originel de la zone euro?

Mario Monti sur la crise de la zone euro : « Cette histoire commence en 2003, lorsque l’euro n’était encore qu’un bébé. C’étaient alors l’Allemagne et la France qui étaient laxistes concernant les déficits publics et les dettes ».
Les dirigeants européens semblent donc n’avoir toujours pas compris l’origine de la crise de la zone euro. Pour rappel : l’explosion des dettes publiques est une résultante de la crise financière et non une cause. Comme le rappel le graphique ci-dessous, les dettes en % du PIB commencent à augmenter en 2008 seulement dans la plupart des pays. L’Espagne et l’Irlande ont diminué leur ratio dette publique sur PIB de plus de 20 points de pourcentage de PIB entre 1999 et 2007, et l’Italie de presque 10 points. Il n’y a bien qu’en Grèce, et dans une moindre mesure au Portugal, que la dette publique a joué un rôle dans le creusement des déséquilibres extérieurs. Dans tous les autres pays, c’est l’endettement privé qui est en cause.

Les vieux réflexes ont la vie dure : il est toujours plus facile de blâmer la sphère publique que de remettre en cause l’efficacité des agents privées et des marchés. Ce dogmatisme est-il bien important (ou est-ce un sujet à laisser aux historiens de l’économie) ? Oui, c’est inquiétant. Car sans diagnostic des causes de la crise, comment mettre en place les garde-fous nécessaires au bon fonctionnement de la zone euro dans le futur ? Ce ne sont pas les règles d’or contraignant les dépenses publiques qui auraient empêché le creusement des déséquilibres au sein de la zone euro depuis sa création et l’endettement extérieur croissant des pays déficitaires. C’est donc bien du coté des comportements privés et des forces de rappel dans le cadre d’une zone monétaire qu’il faut se tourner pour se prémunir d’une nouvelle crise. Les mesures centrées sur les dépenses publiques mises en place aujourd’hui ne résoudront rien.